Définition - Meloidogyne

Que sont les nématodes des racines noueuses

Les nématodes des racines noueuses (Meloidogyne = du grec « femelle à aspect de pomme ») sont présents partout dans le monde. Ils constituent un groupe de ravageurs importants sur le plan économique. Ils doivent leur nom aux boursouflures typiques (galles) qu’ils induisent aux racines ou aux tubercules des plantes. Leurs plantes hôtes sont multiples, dont de nombreuses cultures d’importance économique. Ce sont des nématodes endoparasites sédentaires (seuls certains stades peuvent se déplacer librement dans le sol, mais pendant la plus grande partie de leur cycle, ils sont fixés dans la plante).

Principales espèces

Les nématodes à galles comptent des espèces thermophiles et d’autres préférant le froid. Dans les régions tempérées comme la Belgique, les principales espèces sont Meloidogyne chitwoodi (nématode des racines noueuses du maïs), M. fallax (« faux nématode des racines noueuses du maïs »), M. hapla (« nématode à galles du nord ») et M. naasi (« nématode des racines noueuses »). Dans les régions plus chaudes, on trouve surtout M. incognita, M. javanica et M. arenaria. Ces trois espèces sont aussi rencontrées en serres et en tunnels chauffés. Récemment, M. enterolobii a été détecté dans les serres, en France et en Suisse. Ce nématode tropical est très agressif et capable de contourner la résistance chez la tomate et chez le poivron. Meloidogyne chitwoodi et M. fallax sont des organismes de quarantaine en Europe.


Figure Répartition de Meloidogyne chitwoodi (en haut) et M. fallax (en bas) dans le monde (source: EPPO)

Cycle biologique des nématodes à galles

La figure 1 présente le cycle biologique. Les œufs sont produits en amas gélatineux, le plus souvent à la surface des racines ; ils peuvent aussi être partiellement ou totalement produits à l’intérieur des tissus radiculaires. Les amas d’œufs sont d’abord pâles, translucides à blancs. En vieillissant, ils deviennent bruns, de même que s’ils sont produits plus tard dans la saison (Photo 2). Le premier âge larvaire se développe à l’intérieur même du chorion (J1). Après avoir mué, la larve connaît un deuxième âge larvaire, toujours à l’intérieur du chorion (J2). La plupart des larves du deuxième âge sortent du chorion lorsque l’humidité est suffisante et la température favorable. Les stades de développement facilement trouvés dans le sol sont : les œufs, les mâles adultes et les larves du deuxième âge (J2). Ces dernières se déplacent dans le sol à la recherche d'un hôte : c’est le stade infestant. Habituellement, elles pénètrent à l'extrémité des racines, quelquefois ailleurs. Une fois dans les racines, elles se faufilent entre les cellules sans les endommager. En s’alimentant, les J2 produisent des stimuli conduisant la plantes à former des cellules géantes dans lesquelles le nématode peut en permanence trouver une source d’alimentation nécessaire à son développement. Lors de la formation des cellules géantes, le tissu végétal entourant les cellules gonfle et se boursouffle sous l’action des nématodes à galles. La formation des galles dépend à la fois du type de nématodes et de la plante hôte. Les galles sont quelquefois très petites, ou même absentes.


Photo 1: Représentation schématique du cycle biologique de Meloidogyne (Photo Karssen & Moens, 2006. Root-knot nematodes In: Plant nematology, CABI)


Photo 2: Amas d’œufs de Meloidogyne chitwoodi sur racines de tomate (photo Wim Wesemael, ILVO)

Après la formation d'un site d'alimentation (cellule géante), la larve du deuxième âge se renfle, puis cesse de s’alimenter. Cette larve en forme de bouteille subit alors deux mues successives qui la mènent au troisième (J3), puis au quatrième âge larvaire (J4). Ces troisième et quatrième âges larvaires sont assez accessoires : les larves de ces âges ne se nourrissent pas et n’ont pas de stylet, organe caractéristique des nématodes phytoparasites. Les larves muent alors une dernière fois pour produire des adultes, soit mâles, soit femelles. Les mâles subissent une véritable transformation : les adultes redeviennent vermiformes, mais sont beaucoup plus grands que les larves. Ils quittent les tissus radiculaires et se retrouvent libres dans le sol. Chez les espèces les plus importantes, Il n’y a, la plupart du temps, pas de reproduction sexuée ; les mâles n’apparaissent que dans des conditions défavorables. Les femelles adultes sont piriformes à rondes et produisent les œufs. Selon la plante hôte et les conditions, une femelle peut produire jusqu’à 1000 œufs.

La durée du cycle biologique dépend de la température et de la plante hôte. Habituellement, plusieurs générations peuvent se succéder sur une saison. M. naasi fait exception en ne formant qu’une seule génération par an.

Plantes-hôtes et dégâts

Les nématodes à galles peuvent se multiplier dans diverses plantes, y compris de nombreuses cultures économiquement importantes (carottes, pommes de terre, salsifis) et adventices. Les espèces les plus importantes se multiplient tant sur les mono- que les dicotylées, tant annuelles Que vivaces. Ceci rend difficile leur contrôle par des rotations (voir 5.2). A la différence de Meloidogyne hapla, M. naasi se multiplie sur les monocotylées (graminées et céréales).
La présence de galles sur les racines est caractéristique des plantes atteintes par Meloidogyne. Leur formation dépend de l’espèce de nématodes et de la plante hôte ; quelquefois, les galles sont absentes ou difficiles à voir.

Les dégâts des nématodes à galles se manifestent par une perte de qualité dans les cultures importantes. Les pommes de terre (photo 3), les salsifis (Photo 5) et les carottes (photo 6) peuvent être complètement dépréciés par les galles. En pommes de terre, le dégât n’est quelquefois pas visible de l'extérieur, mais on peut trouver les femelles adultes à l'intérieur du tubercule (Photo 4). Pendant le stockage, les J2 peuvent quitter les œufs, et se multiplier à l’intérieur du tubercule. Il est donc possible que des tubercules développent de nouvelles galles eau cours du stockage. Fréquemment, c’est la deuxième ou la troisième génération qui cause le plus de dégât.
L'infestation par M. hapla provoque des ramifications de la racine en une multitude de radicelles (Photo 7).
En cas de populations initiales élevées, des plantes peuvent périr, et des plages de plantes mortes ou chétives peuvent apparaître dans les champs.


Photo 3: Dégât de Meloidogyne chitwoodi en pomme de terre (foto Wim Wesemael, ILVO)


Photo 4: femelles adultes et amas d’oeufs de Meloidogyne chitwoodi à l’intérieur d’un tubercule de pomme de terre (photo Wim Wesemael, ILVO)



Photo 5: dégât de Meloidogyne chitwoodi en scorsonère (Photo Wim Wesemael, ILVO)



Photo 6: Dégât de Meloidogyne chitwoodi en carotte (photo Wim Wesemael, ILVO)


Photo 7: Dégât de Meloidogyne hapla sur carotte (photo Wim Wesemael, ILVO)